Lorsqu’on parle de marques aux États-Unis, deux sources principales de droits entrent en jeu : les marques enregistrées au niveau fédéral et les marques de common law. Si beaucoup connaissent les protections accordées par un enregistrement fédéral, le concept et la protection des marques de common law peuvent être plus difficiles à saisir. Examinons ce que sont les droits de marque de common law et les implications qu’ils ont pour les titulaires de marques enregistrées et non enregistrées.
Considérations clés pour l’usage, l’enregistrement et la protection d’une marque
Comprendre l’interaction entre les marques de common law et les marques enregistrées au niveau fédéral est essentiel pour s’orienter dans le droit des marques. Ci-dessous, nous examinons des considérations pratiques pour les entreprises.
1. Quels sont les droits de marque de common law ?
Au fond, une marque représente un identifiant de source. Elle indique aux consommateurs qui est le fournisseur d’un produit ou d’un service. Aux États-Unis, il n’est pas nécessaire d’enregistrer une marque pour avoir des droits sur celle-ci. Le simple usage d’une marque dans le commerce peut établir des droits fondés sur la common law, et ces droits existent même sans enregistrement formel.
De plus, les droits de common law comportent des risques inhérents. Comme la protection est géographiquement limitée, s’appuyer uniquement sur ces droits peut entraîner des vulnérabilités. Par exemple, si une autre partie enregistre une marque similaire ou identique au niveau fédéral, elle pourrait obtenir une priorité à l’échelle nationale sur vos droits de common law, ce qui pourrait restreindre votre usage de la marque.
2. L’étendue de la protection
L’étendue de la protection d’une marque de common law est géographiquement limitée à la zone où la marque est utilisée. Cela contraste avec une marque enregistrée au niveau fédéral, qui offre une protection sur l’ensemble des États-Unis. Cette distinction peut avoir des implications significatives dans les litiges entre titulaires de marques.
En pratique, cela signifie que les entreprises qui s’appuient sur des droits de common law devraient soigneusement envisager un enregistrement fédéral afin de se prémunir contre d’éventuelles revendications concurrentes et d’obtenir des protections plus étendues.
3. Radiation des marques enregistrées sur la base d’un usage antérieur de common law
Un aspect fascinant du droit des marques est qu’une partie disposant de droits de common law antérieurs et établis peut potentiellement contester et faire radier un enregistrement fédéral. La procédure est la suivante :
Preuve de la priorité : L’utilisateur de la marque de common law doit démontrer que son usage dans le commerce est antérieur au premier usage ou à la date d’enregistrement de la marque enregistrée.
Démonstration du risque de confusion : Le simple fait d’avoir un usage antérieur ne suffit pas. L’utilisateur de common law doit également démontrer qu’il existe un risque de confusion entre les deux marques dans l’esprit des consommateurs.
Procédure de radiation : Fort des preuves d’un usage antérieur et d’une confusion potentielle, l’utilisateur de common law peut engager une procédure de radiation devant le Trademark Trial and Appeal Board (TTAB). En cas de succès, l’enregistrement fédéral peut être radié.
4. Limites de l’application des marques enregistrées à l’encontre des utilisateurs antérieurs de common law
On pourrait penser qu’une fois titulaire d’une marque enregistrée au niveau fédéral, on peut la faire valoir contre tout le monde. Cependant, la loi offre une protection à ceux qui avaient établi des droits de common law avant l’enregistrement.
Si une partie a utilisé une marque dans une certaine zone géographique avant l’enregistrement fédéral d’une autre partie, la marque enregistrée ne peut pas être opposée dans cette zone spécifique à l’utilisateur antérieur. Ce principe reconnaît et respecte les droits antérieurs établis par l’utilisateur de common law. Toutefois, en dehors de cette zone spécifique, le titulaire de l’enregistrement fédéral aura généralement des droits supérieurs.
En outre, les entreprises doivent être conscientes du risque qu’une marque enregistrée au niveau fédéral puisse primer sur des droits de common law antérieurs en dehors de la zone d’usage géographiquement limitée. Cela souligne l’importance d’être proactif en matière d’enregistrement fédéral afin de consolider la protection de la marque.
Conclusion
Les droits de marque de common law jouent un rôle essentiel dans le paysage des marques aux États-Unis. Ils offrent une protection aux entreprises qui n’ont peut-être pas les moyens ou la prévoyance de s’enregistrer au niveau fédéral, mais qui ont développé une notoriété et une reconnaissance dans une zone particulière. À ce titre, les entreprises, grandes et petites, devraient connaître leurs droits et ceux des autres. Avant d’adopter et d’utiliser une nouvelle marque, il est prudent de mener des recherches approfondies afin d’éviter d’éventuels litiges par la suite. De plus, il est crucial pour les entreprises d’aligner leurs marques telles qu’elles sont présentées dans le commerce avec leurs enregistrements afin d’éviter les incohérences. Veiller à l’usage approprié des symboles de marque est une autre étape essentielle : « ™ » désigne des droits revendiqués pendant le processus de demande, tandis que « ® » signifie un enregistrement formel. Prendre en compte ces mesures pratiques peut encore consolider la position juridique et la reconnaissance d’une marque.
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